Cela pourrait être pour Alexis et rien que pour lui, mais non pas question de faire du
favoritisme et puis je ne vais quand même pas vous rajouter en bande titre « Toute similitude avec des personnages ayant
existés…. » Puisqu’il n en ait rien !
Je reconnais qu’il m’arrive parfois de changer les lieux les prénoms avant tout pour
brouiller les pistes rien d’autre alors sans doute ma vie est elle, mon cher Alexis, amusante et même si je n’ai pas de copain séminariste devenu
cardinal à Rome, pour te raconter nos folles nuits, ce que je regrette, tu devras te contenter de mes histoires sans m’affubler d’un caniche géant.
C est vrai qu’il m’arrive quand j’écris de me dire, c’est à toi que c est arrivé mec et
de penser que soit ma vie est déjantée, soit les autres qui ne racontent ce type d’histoires sont plus pudiques ou moins je ne sais pas quoi …
Alors pour ce soir vous vous contenterez de cette histoire toute banale d’une soirée de
folie passée avec Catherine la fille qui a d’une certaine façon accompagné ma vie pendant un temps certain.
Je dois vous avouer qu’adolescent, j’étais fou amoureux de Diane Dufresne, cette
chanteuse Canadienne devenue plus tard, l’égérie des gays, mais qui à l’époque, sortait tout juste de Star Mania avec sa voix si particulière et ses
yeux verts , me faisait frissonner à un point, que vous n’imaginez pas.
J’avais réussi à avoir deux places pour le concert qu’elle donnait au cirque d’hiver et
j’y avais invité Catherine bien qu’elle n’ait pas été fan de cette diva si particulière. Tout allait pour le mieux jusqu’au moment ou une amie de mère, la maitresse d’un réalisateur de théâtre en
vogue m’ait téléphoné pour me demander de lui rendre un service d’une extrême importance.
« J’ai Stephan, deux places au premier rang
pour la première d’une pièce d’un ami de Philippe et nous ne pouvons nous y rendre. Philippe ne veut absolument pas que son ami découvre que nous ne sommes pas venus et je vais te demander
d’aller à cette première avec ton amie à notre place. La pièce doit être chiante à mourir, c est du genre les oiseaux se cachent pour mourir et reviennent pour se suicider ensuite, mais fais moi
plaisir, rends moi ce service, c est vital pour Philippe. »
J’avais bien tenté de refuser au motif que j’avais deux place pour le concert de Diane
mon Idole, rien n’y avait fait elle m’avait promis milles services en échange et puis elle s’était renseignée ma soirée ne serait pas gâchée puisque les horaires étaient compatibles. Philippe
nous mettait une limousine avec chauffeur à disposition pour qu’une fois le dernier acte terminé, nous puissions nous engouffrer dans la voiture et ainsi nous pourrions nous rendre à ce
concert , que je ne voulais pas louper.
Catherine avait trouvé cela excitant alors j’avais fini par accepter.
« Je te préviens Stephan, c’est Smoking et robe du soir le style, alors vous
vous rendez de la part de Philippe à ce magasin près de la Madeleine (elle me remet une carte avec l’adresse du magasin en question). Tu prends un
smoking classique et ta copine une robe du soir très voyante. Il faut qu’on vous voit ».
Ce n’était pas le genre de choses qu’il fallait dire deux fois à Catherine et croyez moi,
la robe qu’elle avait choisie était pour le moins voyante.
Arrivée à la première, nous sommes installés près d' un ministre
(non ce n’était pas jack) et deux ou trois vedettes de la télévision qui nous prennent tout de suite pour des amis. Tant et si bien, que nous ne
sommes pas encore assis, que nous voilà déjà invités à une soirée avenue Foch, après la pièce. Je vois que Catherine ne laisse pas le ministre indifférent, nous en rions mais pas trop car
Catherine à dirons nous, un rire très communicatif.
La pièce se déroule comme prévue, c'est-à-dire qu’elle est effectivement très chiante et
sans l’aide de Catherine qui me refile des coups de coude dans l’estomac de temps à autres, je menace à tout moment de sombrer dans un sommeil profond. Dans mes rares instants de lucidité, je
parviens néanmoins à surveiller l’heure et tout va bien.
Par chance la pièce se termine à l'heure et je peux applaudir à tout rompre en callant
mon rythme sur celui du ministre. Il a de toute évidence de l’expérience alors autant en profiter.
Nous parvenons non sans mal à nous éclipser. Le ministre a laissé son numéro à Catherine.
Nous rejoignons la limousine qui fend la circulation pour nous emmener au cirque d’hiver. Et là catastrophe…
Si le chauffeur avait bien fait des prouesses pour que arrivions dans les temps, c’est
sous les hourras de la foule que nous descendons de la voiture, interloqués par l’assemblée qui nous fait vite une haie d’honneur jusqu’à l’entrée principale.
Bon à ce moment précis du récit, j’avoue que j’en rajoute un peu car en fait de haie
d’honneur nous étions comme qui dirait observés par des animaux très surprenants qui se marraient de nous voir ainsi vêtus pour cette soirée si particulière.
Nous avions très vite ressentis un malaise car de toute évidence nous étions les deux
seuls, qui n’avaient pas été prévenus que la diva avait demandé à ses fans de venir habillés en rose de préférence en tenue de lapin…
J’ai ressenti ce que devait ressentir une carotte à la vue d’une telle horde de
prédateurs…
Plus question de faire demi tour. Le chauffeur s’était éclipsé avec son véhicule et ne
reviendrait nous chercher, que deux heures après , et je ne voulais pas louper cette soirée que j’avais attendu pendant plusieurs semaines.
Des lapins sauvages lâchés dans le cirque d’hiver le nous arrêteraient pas et puis une
fois dans l’obscurité de la salle, personne ne nous verrait plus…
Que je croyais…
Dès le début du spectacle je compris que je me souviendrais de cette soirée. Diane était
juchée sur une grue installée au milieu de la salle et celle-ci tournait a différentes hauteurs tant et si bien qu’elle chantait à, à peine deux mètres des spectateurs quasiment yeux dans les
yeux…
Lors de ces deux premiers tours elle ne nous vit pas. Mais lors des tours suivants de la
grue, elle fit signe à son machiniste de faire stopper la grue juste en face de nous et s’écria entre deux accords :
« Je vois que ce soair y on a deux qui
sôvaient pas que c’était an soirée rrooose ! »
Faut dire qu’avec mon smoking et la robe du soir de Catherine on détonnait pas
mal.
Bon je lui ai pardonné elle ne savait pas tout ce que j’avais enduré pour venir à son
concert et que si j’avais pas entendu qu’il fallait être habillé en rose, c’était par ce que j’avais passé la journée à faire des essayages pour mon smoking...