J’aurais tant aimé que dans mon berceau, de jeunes fées écervelées ne se soient pas acharnées à me lancer ce sort de cette trop grande sensibilité. J’aurais sans doute pu vivre sans cette peur du lendemain. J’aurais sans doute moins pleuré quand on me quittait.
J’aurais sans doute moins regardé passer ceux que je désirais et je leur aurais raconté cette belle histoire de l’amour éternel.
J’aurais perdu sans doute moins de temps à justifier des errements, mes doutes et mes peurs.
Je n’aurais pas perdu mon temps à enterrer des oiseaux morts que les chats venaient dévorer dans la nuit.
J’aurais sans doute moins respecté des êtres que je croyais s’être sacrifié pour moi.
Alors je jubile quand j’arrive à me dire : « T’as été un salaud ! »
C’est complètement stupide mais la sensibilité j’ai lutté contre toute ma vie. Je ne sais pas si je me suis comporté en salaud, je sais seulement que bien des fois je ne fus pas très fier de moi mais je ne crois pas en avoir jubilé. On m’avait conditionné autrement. Bonne nuit Stephan.