Elle est entrée dans l’âge on l’on ne regarde les gens, que parce qu’ils sont gênants. Elle marche à petit pas, appuyée sur une canne et ne regarde plus l’horizon, que pour tenter d’y apercevoir des ombres qui tombent ou sont tombées, faute d’avoir su l’attendre.
Son visage est ridé. A croire que toutes des cicatrices de sa vie, se sont figées sur son visage. Ces temps derniers, ses yeux sont revenus. Elle ne porte plus ses lunettes elle n’en a plus besoin. Mais certaines douleurs s’accentuent. Il lui arrive de dire que la vie à ce stade n’a pas de sens. Mais elle continue à prendre ses pilules par tablettes entières, des rouges, des bleues, des rondes et des ovales multicolores.
Personne ne l’a vu devenir l'ombre de sa vie…
Sa vie est dans ses tiroirs. Des photos, des boites de petits objets des rubans des piles de linge parfumées à la lavande et des chaussures à talons qui jamais plus ne mettront en valeur un mollet naguère si allongé.
Toutes ses photos ont été rangées dans des boites. Trop cruelles les images ont disparues comme les personnages dont elles avaient fixé la vie. Sur le bord d’une cheminée, un vase en cristal qu’il ne faut surtout pas toucher parce que c’est comme ça, elle n’a pas envie d’en parler.
Parfois son oreille perçoit encore une rengaine qui dépose au coin de ses yeux des perles de larmes. Ni des larmes de tristesse ni des suintements de bonheurs retrouvés, non juste des perles de larmes. De sa poche elle sort ces grands mouchoirs brodés ces mouchoirs en tissu qui font vieux mais dont elle ne sait plus se séparer parce que ça sert à plein de choses, tiens d’ailleurs son mouchoir est tombé je vais le lui ramasser.
Elle a été très belle mais je ne l’ai connu que mère alors je ne m’en étais pas rendu compte
c’était sans importance. Elle ne devait pas me séduire et moi je ne devais que l’aimer et aujourd'hui sans doute me faudrait il simplement, la remercier…






